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Coach, coaching, coacher, voilà des termes qui reviennent de plus
en plus souvent dans le monde de l'entreprise ou même dans la vie de
tous les jours et pourtant rares sont les personnes qui avouent
qu'elles sont coachées. «Dans deux ou trois ans, ce ne sera plus le
cas. Les gens seront fiers de dire: j'ai un coach. Mais pour
l'instant, beaucoup associent le coaching à de la psychologie, à un
aveu de faiblesse. Or ce n'est pas du tout le cas. La personne qui
fait appel à un coach le fait parce qu'elle souhaite augmenter ses
performances», note Sylviane Cannio, coach et présidente de la
International Coach Federation Belgium, qui évoque le cas d'un
membre de direction d'une grande banque belge: «il ne dit pas qu'il
est coaché mais je suis sûre que ses collègues le voient parce qu'il
change».
Car le but du coaching est bien de révéler les talents. «Le
postulat de base est que le client a tout en lui, mais il faut le
lui révéler. Le coach est là pour l'aider, le soutenir, lui poser
les bonnes questions qui vont faire surgir les bonnes réponses. Et
lui faire dire parfois clairement ce qu'il savait déjà».
Pour ce faire, le coach va suivre un processus fait de
différentes étapes. «C'est un processus socratique - et oui le
métier est ancien - car Socrate était connu pour l'exercice de la
maïeutique, soit l'art d'accoucher les esprits: par des questions il
faut amener l'esprit de son interlocuteur à penser par
lui-même».
Pour atteindre ses objectifs, le coach dispose de plusieurs
outils, comme la programmation neurolinguistique, l'analyse
transactionnelle, la typologie de personnalité.... «Un coach se
forme sans cesse à ces différentes pratiques. Il ne cesse jamais
d'apprendre», note Sylviane Cannio, qui regrette l'amalgame fait
autour du terme coach. «C'est un mot très à la mode. N'importe qui
peut se prétendre coach. Il existe même des profs qui mettent sur
leur carte de visite «coach» alors qu'ils n'ont aucune formation en
coaching.
Ils imaginent que parce qu'ils apprennent quelque chose à
quelqu'un, ils sont coaches. Et puis, il y a les coaches sportifs,
mais c'est autre chose. Ce sont des entraîneurs. Ce que le coaching
a pris dans le sport, c'est le fait de chercher les talents, de
pousser la personne à se dépasser, à se donner des objectifs. Ce qui
n'a pas été pris, c'est le fait qu'en sport seul le résultat compte.
Être quatrième ne sert à rien. En coaching, à partir du moment où il
y a amélioration, on a déjà avancé».
En formation permanente
Si certains coaches sont certifiés et d'autres pas, le vrai coach
et le faux se distingue par certains points: «le vrai coach suit un
processus de coaching, il est en formation permanente et est en
supervision avec un coach qui a plus d'expérience que lui», note
Sylviane Cannio. «Il reste humble - il est dans l'ombre de son
client; ce n'est pas lui qui gagne - et est en psychothérapie s'il a
des «boutons» émotionnels. Ainsi, par exemple, si un client a la
même histoire que la sienne, cela peut générer certaines émotions.
Il doit suivre une thérapie. Enfin, le vrai coach sait faire la
séparation entre les différents métiers, car le coaching est à la
limite de plusieurs fonctions: l'audit, la formation, le conseil et
le développement personnel. Les coaches viennent de plusieurs
horizons.»
Des coaches - des vrais -, on en compte de plus en plus en
Belgique. «De nombreuses entreprises - surtout dans les services,
moins dans l'industrie - ont un coach en interne. Et font encore
appel à des coaches externes. Idem dans les ministères».
Les coaches peuvent être classés en plusieurs catégories: les
corporate coaches - qui travaillent dans les entreprises et sont
payés par elles, qu'ils travaillent en interne ou en externe -, les
personal coaches - qui aide les gens à répondre à des questions
d'ordre professionnel mais qui sont payés par ces gens. «C'est le
cas par exemple d'un personne qui se demande si elle doit changer de
travail. Elle a besoin d'en parler à un observateur extérieur».
Enfin, il y a le life coaching, qui aborde les problèmes personnels,
comme un divorce, l'éducation des enfants...
«Le métier est en pleine expansion», estime Sylviane Cannio.
«Dans vingt ans, il y aura autant de coaches que d'avocats...».
© La Libre Belgique 2006